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Qui dirigera le PQ post-PKP ?

De gauche à droite : Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et Jean-François Lisée. Montage par le TDU, images d’Alain Roberge (La Presse), PC (Huffington Post), davidleroux.ca et Karine Dufour (ICI Radio-Canada).
De gauche à droite : Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et Jean-François Lisée. Montage par le TDU, images d’Alain Roberge (La Presse), PC (Huffington Post), davidleroux.ca et Karine Dufour (ICI Radio-Canada).

Dans le fond, des élections, c’est tout simplement un choix fait par les citoyens. Évidemment, ce n’est pas toujours réellement le cas : le résultat est parfois connu d’avance, lorsqu’on regarde par exemple les élections à candidats uniques organisées en Corée du Nord, ou bien la dernière course à la chefferie du Parti Québécois (PQ), en mai 2015. Mais depuis cette dernière, Pierre-Karl Péladeau s’est rendu compte qu’être chef du PQ, en fait ce n’était pas si amusant que ça, et voilà le parti de nouveau en élection. Petit résumé si vous avez manqué de temps ou d’intérêt pour suivre cette course.

En pleine semaine du scrutin, il reste quatre candidats en liste : Alexandre Cloutier, le favori, arrivé deuxième derrière PKP l’année dernière. Jeune, charismatique, il s’était imposé comme le Justin Trudeau du PQ, mais sa campagne ne se déroule pas aussi bien que prévu. Jean-François Lisée, moins jeune et charismatique, mène une campagne plus agressive qui, elle, a décollé grâce à ses positions franches et à l’appui de nombreux députés. Martine Ouellet, qui au contraire n’a l’appui d’aucun de ses collègues, ne se gêne pas pour les critiquer et se présente comme la candidate de tous les souverainistes. Et Paul St-Pierre Plamondon, le petit dernier avec 1% des voix selon un sondage, le seul candidat à ne pas être député du PQ, que ses opposants appellent Pierre la moitié du temps – y compris en débat – mais qui semble parfois le candidat le plus équilibré.

L’un des principaux sujets de discussion est bien sûr la souveraineté. D’un bord, il y a Lisée qui ne veut pas qu’on en parle ou même qu’on y pense jusqu’en 2022, lors d’un deuxième mandat. Selon lui, la défaite du PQ en 2014 n’est pas due à la Charte des valeurs, mais bien à la peur d’un référendum. St-Pierre Plamondon et Cloutier (qui veut laisser les membres trancher sur la question, six mois avant les élections) partagent, de façon plus modérée, cet avis. Complètement à l’opposé, il y a Ouellet, qui se démarque en proposant un référendum au premier mandat. Pour elle, c’est de laïcité dont on ne devrait pas parler, considérant le dossier comme trop important pour être abordé dans le sein d’une course.

Et pourtant, on en parle, de laïcité ! Tandis que Cloutier et Ouellet veulent interdire le port de signes religieux ostentatoires seulement aux employés de l’État en position d’autorité (juge, policier, gardien de prison, etc), Lisée propose d’aller plus loin en incitant tous les employés de la fonction publique à faire de même à l’aide de campagnes d’affichage. Il accuse Cloutier de se montrer trop « timide » sur cet enjeu, et veut ouvrir le débat sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, affirmant que cette discussion peut avoir lieu avant que l’État islamique n’utilise une burka pour commettre un attentat, ou après.

Autre sujet de division : tandis que Cloutier et St-Pierre Plamondon appuient l’idée d’une commission parlementaire sur le racisme systémique (de la discrimination implantée dans les règles-mêmes de la société), Lisée et Ouellet s’indignent ensemble en affirmant que cela reviendrait à « faire le procès de tous les Québécois sur le racisme », et que cela serait « insultant ».

Bref, comme dans n’importe quelle course à la chefferie, on se tape dessus, mais sans y aller trop fort pour ne pas abimer l’unité du parti ou donner des munitions à l’opposition. Les candidats sont donc toujours rapides à nous rappeler, entre deux « Heille! » lancés à la figure, que dans le fond, ils disent la même chose. Après tout, ils sont tous contre Énergie Est, et pour la révision du cours d’histoire du Québec. Comme dit Lisée, « Ce n’est pas un débat, c’est un concert. On est tous d’accord. » Il n’empêche que, vu de l’extérieur, ça ressemble à un concert avec une bonne quantité de fausses notes.

Par Louise Toutée