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LE PANTALON DE LA VIE D’ADULTE

C’est moi ou le temps passe vraiment vite?

Aujourd’hui, je me suis rendue compte que j’étais à ma dernière vraie session de cégep. La dernière où ma cote R correct-potable a une chance de prendre un nouveau souffle. Dire qu’il y a quelques années, on était des adolescents pubères et pas vivables. Dire qu’il n’y a pas si longtemps que ça, je devais encore lever la main pour aller à la salle de bain. Dire qu’il y a quelques semaines, j’étais en train de mourir à cause de ma mi-session.

Je me rends compte de tout ça et je ressens déjà le stress relié à la prochaine étape.  Il y a de nouveaux effluves dans l’air.

Ça sent l’adulthood à plein nez.

Je regarde mon Pantalon d’adulte responsable, psychologiquement balancée, émotionnellement calibrée, autonome et dosée accroché sur un cintre et je sais pas si j’ai envie de l’enfiler. De toute manière, No pants are the best pants, right? Sike, tout est mort dehors et l’hiver approche. Je connais quelques personnes qui le portent déjà, ce Pantalon de la vie d’adulte. J’en vois qui vivent leur vie dans leur appart, cozy et surtout heureux. J’en vois aussi qui publient des photos d’échographies sur les réseaux sociaux parce qu’ils attendent leur premier enfant, mais personnellement ça me terrifie plus qu’autre chose.

Cette réalisation m’a vraiment secouée.

C’était comme un dur uppercut donné par Madame La Vie qui est venu me confirmer que mes vacances dans mon profil rushant, mais soft parce que ma session est allégée étaient bientôt terminées. Qu’après mon mois de vacances d’hiver trop long que je vais surement passer à exercer mon talent préféré, soit «regarder le plus d’épisodes possibles d’une émission X en une soirée», je vais devoir appliquer dans un établissement d’enseignement supérieur pour de vrai. Que je vais devoir repasser mon Pantalon d’adulte parfaitement à ma taille en attendant de vraiment pouvoir l’enfiler.

En attendant le jour fatidique, je me prépare mentalement.

Je veux être prête quand ce sera le temps.

Je ne brûle aucune étape. Je me mets les pieds dans les bons plats, je me fais briser le cœur par les personnes adéquates, je fais des lapsus qui n’ont aucun sens. Je fais toutes ces erreurs de grandeurs infinitésimales pour ne plus avoir à les refaire plus tard. Pour être complètement prête quand viendra le temps de rencontrer les humains plus grands que nature avec lesquels je cheminerai dans le domaine d’étude qui rendra mon cœur plus rouge que rouge. Je fais tout ça pour être en paix avec moi-même lorsque viendra le moment de boutonner et de fermer la fermeture éclaire de mon bout de vêtement important.

Par Laura Kamugisha