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J’ai rencontré quelqu’un et il m’a donné le mal de mer

Tous droits réservés à Jyll Flores
Tous droits réservés à Jyll Flores

J’ai rencontré quelqu’un et il m’a donné le mal de mer en plein milieu de mon sanctuaire préféré, mon refuge sacré.

J’y suis pas retournée depuis. Mon endroit favori à vie n’est plus qu’une épave, l’icône d’un naufrage.

J’ai rencontré quelqu’un et il m’a donné le mal de mer.

C’était peut-être à cause de ses yeux vert-bleu mer méditerranée vue de Malte ou ses yeux bleu-vert océan atlantique vu du Maroc. Je sais pas, je sais plus, mais ce que je sais c’est qu’il avait l’air d’une escapade, d’un interdit, d’une aventure plus grande que nature. C’était un océan ambulant, un vrai. Avec une voix douce comme la brise, la peau douce comme l’eau et une odeur de fraîcheur et de renouveau.

C’est peut-être aussi à cause de ses idéaux tsunamis et sa manière de parler comme un raz-de-marée. Je sais pas, je sais plus, mais tout ce que je sais c’est que j’avais envie de bâtir un monde, brique par brique, de ses utopies, de mes rêveries et d’une autre chose qui rime pour faire jolie.  Je suis sure que c’est le premier point qu’il met dans sa section «compétences» quand il rédige un C.V et que c’est la première chose qu’il dit quand il se présente. «Bonjour, moi c’est (prénom,nom) et mon plus beau talent c’est que je peux te faire chavirer sans eau et ça, même dans mon sommeil.»

Mes boyaux se sont contorsionnés et ça m’a étonné parce qu’une paire de yeux, sur une face comme ça, sur une personne comme cela, c’était du vrai déjà-vu-connu.  J’ai peut-être eu le mal de mer parce que je n’avais jamais vraiment vu la mer avant. Je sais pas, je sais plus, mais avoir su.

J’ai rencontré quelqu’un et il m’a donné le mal de la terre.

Depuis ce jour là, je scrute les foules à la recherche de ma tempête parce que j’ai pris goût à sa personne eau saline. Montréal c’est pas une si grande ville que ça, peut-être qu’il m’attend patiemment dans mon endroit favori à vie pour l’infini. Je sais pas, je sais plus, mais je sais que j’essayerai d’y retourner en automne. L’automne me rend folle-forte et courageuse. En attendant que les feuilles se vident de leur chlorophylle-a, j’écris cette bouteille et je la lance à ma mer-veilleuse personne, à mon ouragan, à mon King Wavy.

Liste de lecture
• Euphoric – Connie Constance
• Comme des rames – Klô Pelgag
• Icône du naufrage – Salomé Leclerc
• Swim Good – Frank Ocean
• Waves (Acoustic Version) – Mr Probz
• Kill the Director – The Wombats
• Ressac sur ta peau – Philippe Brach
• L’encre de tes yeux – Francis Cabrel

Par Laura Kamugisha