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Le 5 à 7 avec Aliocha

Compte-rendu d’une discussion de 5 à 7 minutes avec des êtres humains correct-cools.

A L I O C H A

© Laura Kamugisha
© Laura Kamugisha

8 septembre 2016.

Il pleut à en faire entendre les sourds. Je marche sur l’Avenue des Pins en essayant de distinguer quel amas de briques est celui appartenant à Fonzie MTL : j’assiste au lancement d’Aliocha Schneider là-bas ce soir.  Après y être passée devant plusieurs fois, avoir descendu quelques marches d’escalier, j’arrive au Fonzie. L’atmosphère est décontractée et l’endroit est plein à craquer. Le Fonzie s’est rempli à en exploser pour le lancement de « Sorry Eyes », l’EP du jeune Montréalais d’origine parisienne connu pour ses rôles divers au cinéma (Closet Monster, Ville-Marie, Le journal d’Aurélie Laflamme) et à la télévision (Tactik, Yamaska), mais pas en tant que musicien. Je me faufile entre une panoplie de personnes : des jeunes, des moins jeunes, des personnes qui se font payer beaucoup d’argent pour faire semblant, d’autres musiciens, d’autres élèves de Maisonneuve, des auteurs, des journalistes, des amis, etc.

© Laura Kamugisha
© Laura Kamugisha

Le spectacle commence.

Le jeune artiste commence en douceur avec « Into the Wild », ma chanson favorite de l’EP. C’est le genre de chanson qui donne envie de rassembler ses effets personnels et d’aller faire un roadtrip dans l’Ouest Canadien ou dans un pays avec un alphabet différent du tien avec des personnes qui te sont chères. Il est accompagné de son band composé de Christian Sean à la guitare électrique, Tom Tartarin à la basse et de son grand frère, Volodia Schneider à la batterie. Le talent est une entreprise familiale, je crois. L’enchaînement des chansons est fluide et l’interprétation est juste, belle et unique.  L’auteur-compositeur-interprète est à l’aise sur scène : ça se reflète par son charisme et sa forte présence sur scène.

Le spectacle se termine.

15 septembre 2016.

Je fredonne « I’m Not Your Friend » d’Aliocha, une chanson figurant sur son album complet. J’attends que l’horloge annonce 15h : j’interviewe Aliocha au téléphone cet après-midi. C’est l’heure. Je lui demande d’être indulgent et délicat avec moi parce que c’est ma première entrevue. On commence.

L: Tu es seulement appelé par ton prénom, Aliocha. Pourquoi as-tu laissé le Schneider de côté? Quelle était la raison derrière ce choix?

A: C’est peut-être un peu stupide, mais je trouvais que c’était un peu sérieux « Aliocha Schneider ». C’est aussi pour faire une différence puisque je suis comédien aussi et que c’est pas le même projet.

L : Peut-être que les personnes dans ton entourage savaient que tu faisais de la musique, mais ça m’a étonnée. Qu’est-ce qui t’a motivé ou donné envie de faire le saut de l’acting à la musique?

A : Ça n’a pas vraiment été un saut parce que j’ai développé les deux en même temps. Simplement, professionnellement j’ai commencé à être comédien avant, mais la musique j’en fais depuis le début de l’adolescence. En fait, j’ai commencé à jouer à peu près au même moment. Ça a pris plus de temps avant que j’aille rencontrer le public avec la musique.

Christian Sean, Tom Tartarin, Aliocha et Volodia Schneider. | © Laura Kamugisha
Christian Sean, Tom Tartarin, Aliocha et Volodia Schneider. | © Laura Kamugisha

L : Pour toi, quels sont les éléments qui font une bonne chanson? Qu’est-ce qui te permet de décider qu’une chanson est valide ou qu’elle ne l’est pas?

A : Pour moi, il faut qu’elle soit déjà bonne en duo guitare/voix ou piano/voix. Il faut qu’elle ait une bonne acoustique. C’est possible de faire une chanson à deux accords avec une mélodie, de faire des arrangements incroyables avec un orchestre ou un solo de guitare. Tout ceci va faire en sorte que c’est agréable à l’oreille, mais pour moi, ça n’a pas tant d’intérêt. Il faut qu’une chanson ait une base solide par son texte et ses propos, et une mélodie qui plaise à la personne qui l’écrit.

L : Est-ce que t’aurais un message, un conseil pour les personnes qui ont de grosses décisions de vie à prendre?

A : C’est Jean Leloup qui m’a donné ce conseil-ci quand j’avais vraiment une grosse décision à prendre. Il m’a dit : « Fais un choix et regarde comment tu te sens. » C’est hyper simple, mais c’est vrai que ça marche. Quand tu prends une décision, parfois tu te rends compte que finalement t’es confortable avec ton choix et d’autres fois moins. Mon conseil, c’est de choisir et de regarder comment on se sent après.

LA BOÎTE À QUESTIONS

  • L: Paris ou Montréal?

A :  Tellement difficile. (après plusieurs secondes d’hésitation et de débat intérieur). Comme j’ai tous mes amis à Montréal, je dirais Montréalaliocha post-it

  • L : Télévision ou Cinéma?

A : Cinéma

  • L : Festival ou Salle de concert?

A : Festival! J’aime mieux quand les gens sont debout, j’aime pas quand les gens sont assis.

  • L : Festival ou le toit d’Ubisoft?Aliocha post-it

A : Le toit d’Ubisoft

  • L : L’acting ou la chanson?

A : Je passe mon tour

  • L : Jean Leloup ou Bob Dylan?                     

A : Si je devais sauver l’un des deux, je sauverais Jean Leloup.

 

Par Laura Kamugisha